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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 17:39

Après la première phase de rénovation de shadococo sur Saint-Martin (suite à son achat en mars 2009 à Tortola), nous mettons, avec Jérémie,  le cap sur la Guadeloupe le 21 mai afin de déposer Gildas, le départ trop retardé le faisant renoncer à naviguer avec nous. Nous espérons en même temps trouver une entreprise pour réviser la survie ou « canot de sauvetage », dernière opération de sécurité indispensable. Cette opération sans succès (remplacement de la bouteille de gonflage impossible) nous oblige à une ultime halte à Antigua.

Nous en profitons avec Jérémie pour continuer certains travaux dont la pose du « pare-brise », et faire nos (infinis) achats complémentaires dont une voile tempête (tourmentin) adaptée à Shadococo. Avoir au moins une voile de secours est indispensable pour une grande traversée. Nous décidons aussi d’acheter deux bouteilles de gaz de 3 Kg et un brûleur … des difficultés avec la gazinière (fuite non identifiée) nous amènent à faire cette dépense en plus.


Sur la Guadeloupe nous avons aussi le bonheur de faire le plein pour la cambuse avec supermarché bon prix et le marché paysan local de Bergevin, sympa pour les bons fruits et légumes qui ont tenu le coup … un sacré stock pour 40 jours  pour deux ou trois !!! Un ou deux autres marins sont espérés jusqu’au bout sans succès.

Nous partons pour Antigua le 3 juin, au Nord de la Guadeloupe, là où nous savons pouvoir faire réviser la survie, dans une société qui a tout le matos (révision jamais fait depuis sont achat il y a 5 ans …). Ce qui fut bien fait et bien cher (1037 dollars pour vérifier l’état de marche et remplacer le périssable dont fusées, eau et médicaments …) … Mais nos petites vies dépendent aussi du bon fonctionnement de cet engin dont on espère ne jamais se servir.

Dernières courses et derniers bricolages avant le départ.

L’avant-veille de celui-ci, la gazinière qui fuit manque de nous transformer en feu de naufrageurs (1). Notre modeste bombonne bleue est donc bienvenue. Notre marin Jérémie, en autre charpentier, a su construire une structure qui défira toutes les houles rencontrées !


Dernier plein de fuel en prévision des pétoles quasi assurée dans la ZCIT. Mal poli, oui, ce gros mot veut dire Zone de Convergence Inter Tropicale, qui, au nord de l’équateur, sépare les Alizés du nord tournant dans le sens des aiguilles d’une montre et les Alizés du sud qui tournent dans le sens inverse. Entre les deux c’est cette zone de « cacaboud », de pluies, d’orages, et de non vents (j’ai dit pétoles) ou seulement de brusques rafales … le bonheur quoi !


Grand départ le 7 juin. Aux formalités de départ, Jérémie est inscrit comme skipper afin de parfaire son expérience de voile.

Pendant 13 jours, et nous le savions, nous tirons des bords de près et, à 900 milles de notre départ, nous n’avons qu’une toute petite moyenne de 70 milles par jour, pour une distance parcourue de plus du double. Shadococo doit être pourtant capable de faire 200 milles par jour avec vent moyen (14-16 nœuds) de travers … Mais tout le monde sait que les catamarans, surtout quillards comme Shadococo, ne remontent pas très bien au près. Pendant cette première période, les activités ne manques pas. Détecter la fuite d’eau arrivant dans la cale moteur bâbord (2), réparer la pompe électrique permettant d’évacuer cette eau (3), usiner quatre pièces en alu pour renforcer les poignées (cassantes) des hublots de sécurité qui fuient (4). In fine un hublot reste incontinent du côté de ma cabine tribord, et je vide 5 à 6 fois par jour sa « bassine ». Mais il n’y a plus aucun risque de rupture des poignées, ce qui eut été catastrophique. Tentative pour réparer la drisse de grand-voile, manifestement abîmée et fragilisée au point d’attache en haut du mât (5). Jérémie fait une première tentative, le moteur nous guidant dans le sens de la houle assez forte pour limiter le roulis, mais mission impossible ça « berdance » vraiment de trop !  Jérémie est monté jusqu’en haut mais ne peut libérer ses mains, et, agrippé au cocotier, tente juste d’éviter une fête foraine incontrôlée. Nous voilà contraint de naviguer avec un ris (mode de réduction de la grand-voile).

Changement des bouts craqués (6) du trampoline (le cordage passe dans des anneaux et relie le trampoline aux poutres et coques avant).  

Cela dans de petits « splash » rafraichissants… mais ça le fait !

Le lendemain, aidée par un vent plus fort et une mer plus nerveuse, la bordure du trampoline s’arrache sur l’avant, une partie du rail de tenue des bouts se plie (on le coupera), et des anneaux rompent ici ou là (7). Un bricolage de fortune nous assure de pouvoir encore monter sur ce trampoline en cas d’urgence. Nous doublons aussi tous les cordages … Une chose est certaine, j’envisage de refaire tout l’entourage (usé) des trampolines. J’aimerai attendre mon arrivée à Parati pour le faire moi-même.

Alerte de fin d’eau des deux réservoirs avant (deux identiques en réserve à l’arrière)… on s’étonne que cela arrive si tôt car nous faisons attention, et une évaluation à la louche de nos dépenses ne font pas le compte … mais on se rationne. Pour boire nous avons ce qu’il faut en bidons par ailleurs !

Le 19 juin, le foc descend tout seul de sa gorge (8) … nous finissons de l’affaler et le ramassons à plat ventre sur le « bon » trampoline (enfin, le pas encore craqué !), et le rangeons en soute … cause évidente de l’incident : la manille de tête est tombée (celui qui l’a mise a oublié de l’assurer avec un petit fil de fer … saperlipopette ! c’est qui qui ?…). Nous sommes alors contents d’avoir notre tourmentin (ou voile tempête), lequel nous permet tout de même de remonter au vent de façon raisonnable. Lors des soufflettes de grain (passages pluvieux d’ondes tropicales toujours précédées par un vent fort à très fort turbulent), notre bon vieux Shadococo, dont c’est sûrement la première traversée, .peut, sous voile tempête et un ris dans la grand voile, nous booster à 8­|10 nœuds au près … ok seulement à 65° du vent vrai … mais !

Le 20 juin : Jérémie, après deux montées en tête de l’étai sur lequel est fixé le foc (plus facile, heu ! non ! moins difficile de s’y accrocher) parvient à débloquer le tambour d’enrouleur qui était resté coincé. Nous attendons un moment plus clément pour hisser de nouveau le foc.

Ce même jour une bosse de ris se détache (9). C’est le bout qui tend la bordure (partie horizontale de la grand-voile) après avoir descendu une partie de la grand-voile, ceci afin de la réduire quand le vent monte. On arrête tout, on affale tout et on répare, on se baigne, on consolide encore le trampoline, et on reprend la route.

Nous sommes au 21 juin, nous avançons tranquille-pépère. Je confectionne le futur plan du coffre qui recevra la survie (sur le tableau arrière). Plus tard je commence aussi le plan d’un nouveau tau de soleil en nids d’abeille. Pour l’instant la survie partage la place sous la table du carré avec la grosse gazinière qui fuit, un bidon d’eau de secours de 20L, et un sac étanche de matériel de secours supplémentaire (fusées, médicaments…), tout près au cas où …

Jérémie propose un changement d’heure pour suivre le rythme du soleil. Notre petit apéro quotidien (la plupart du temps une bière et parfois un ti-punch) on l’aime bien de jour, comme le début du repas d’ailleurs.

Maintenant nous sommes toujours au près mais les bords sont intéressants car très rapprochant des waypoints retenus. En gros pendant de nombreux jours nous passons de 70 milles jours à une moyenne de 100 milles… pas des folies mais des progrès … même si peut toujours mieux faire !!!  Le 25 juin, par vent plus faible, nous rentrons la voile tempête pour remettre le foc quand même plus performant. Un peu chaud comme manœuvre mais ça le fait. Puis très rapidement nous constatons un changement du temps et de l’état de la mer, ça ressemble à la ZCIT… Bingo !  Alors que nous l’attendions plus loin et plus au Sud. Nous étions au 9° N, 39° W.

Le 26, je décide de monter au mât pour réparer la drisse de grand voile (la couper au ras de l’endroit où elle est abîmée pour la refixer au point le plus haut du mât). Monter ça va, mais rester une demi-heure là-haut, tout « berdancé » même si beaucoup moins que quand Jérémie avait tenté de le faire, à s’accrocher les 3­|4 du temps, pour trouver le répit de libérer une main, pour enfin réussir à s’attacher solidement, couper le bout, faire le nœud de chaise avec sa demi clé. Deux seules pensées : ne pas se laisser surprendre pour ne pas se décrocher du mât (pieds, jambes, bras et mains mobilisés à s’accrocher avec toutes leurs énergies), mais ne pas redescendre sans aboutir ! Ouf, c’est fait ! Quel bonheur cette redescente contrôlée. Des douleurs dans le biceps tétanisé du bras gauche se sont passées au bout de trois jours.


Les grands bonheurs du marin au long court… Maso ? non !  Regardez mes pieds sur la photo de droite !

Ce sont d’indispensables moments qui ne sont pas mes tasses de thé, mais qui me conduisent dans des Pays si chouettes à découvrir, pour connaître le bonheur du cabotage et des mouillages de criques en petits ports. Et de tant de belles rencontres avec la nature et les êtres humains, ces autres si proches et si différents en même temps. Trop de choses encore à vivre dans ces ailleurs lointains pour poser l’ancre.


Nous profitons de la pétole pour refaire les joints des hublots de ponts qui fuient (10), constater le remplissage du coffre avant bâbord rempli d’eau de mer (11), et régler le problème en faisant couler l’eau au centre du bateau (tuyau bouché prévu à cet effet) et évacuation automatique par pompe électrique. Pas de dégât. Tous les joints des hublots sont à revoir, tout comme la jointure du support de ces hublots sur le pont. Le cata a 14 ans, c’est normal ! Le retraité, juste un peu plus vieux, n’a aucune question à se poser sur les occupations prochaines de son temps !

Nous constatons aussi (12) que la deuxième prise de ris, qui n’a jamais servie, s’est détachée toute seule et est rentrée dans la bôme. Je connaissais le problème et sa solution, mais Jérémie m’a proposé une autre option ingénieuse. Réparation fut faite. Au lieu de faire rentrer deux messagers avec l’une des bosses de ris restante, une pour faire revenir celle-ci, et l’autre pour remettre celle qui était partie … nous ramenons au maximum vers le mât la bosse de ris la plus longue à laquelle nous fixons (scotch sur surliure) la bosse de ris à rentrer et nous tirons les deux ensembles vers l’arrière. Facile, non !

Nous profitons de ce grand calme pour refaire le plein de fuel. Au total, à ce jour, 48 litres ont été dépensés lors de manœuvres (face au vent ou sens de la houle selon) de réparation pour la moitié, et le reste pour sortir de mini pétoles. Nous préparons le matériel pour récupérer l’eau de pluie qui ne devrait pas manquer au sein de la ZCIT. Ce fut le cas.

Nous tentons de faire quelques essais autour de la drisse de grand-voile. Il est décidément vraiment trop dur de la hisser alors que je viens d’installer (pour 1700 euros, merde alors !), un rail et des chariots sur billes de toron tous neufs. Je montais la plus lourde voile de Shadoko à la main jusqu’au dernier mètre. Là, sur Shadococo, nous sommes obligés de forcer avec le winch dès la moitié !!!  Problème (13) non résolu car non identifié.

Puis routine sur plusieurs jours de prise de ris, de remise de toute la voile, de récupération d’eau, d’un peu de moteur, de changement de waypoints, d’une nuit de dérive à dormir et trainasser dans la mouise humide et molle (16 miles de remontée au nord en 13 heures de dérive voiles affalées).

Le 02 juillet, nous sortons, nettement avec un soleil radieux et du vent régulier retrouvé, de la ZCIT vers 6°N, 32°30W. Là nos moyennes journalières passent au-dessus de 120 milles jours. Accalmie de nos avaries diverses. Encore des changements de waypoint. Nous avons fait la moitié la plus pénible.

Le lundi 06 juillet nous passons l’équateur à 5h du matin et buvons le champagne à midi comme il était bien entendu sur Shadococo. La vie est belle. Nouveau waypoint ! (je reviens un peu plus loin, dans le chapitre « navigation », sur ces changements continus de wayspoints …).

 

 

 



A partir du 8 juillet ambiance tempête. Nous n’avons pas confiance en notre anémomètre qui ne nous indique jamais plus de 25 nœuds quand nous pensons (de visu et de sensations) plus de 35 !
 

 On avance à plus de huit nœuds, toujours au près mais dans la bonne direction, au Sud vers Salvador de Bahia. Mais, en quelques heures, le taux de soleil bien usé et « rustiné » s’éclate sur un huitième de sa surface (14) 

  Vue de dessus                                                                   puis de dessous

                     

Et ça continue … La balancine (bout qui retient la bôme quand on affale la grand-voile) rompt (15) au niveau de son point d’attache sur la bôme (heureusement on pourra la récupérer arriver à bon port car le nœud l’empêche de passer à l’intérieur du mât tout là-haut ! Qu’elle y reste pour l’instant !) ; L’anneau de fixation de la poulie du chariot d’écoute de foc casse net (16) : gros fracas la nuit, tout l’équipage sur le pont, on roule le foc sous ses claquements impressionnants, on vérifie un peu tout, et on repart sous grand voile seule avec un ris. Ça avance toujours à 6-7 nœuds ! Le lendemain matin nous installons pour la deuxième fois la voile tempête … qui commence à s’amortir !


Bon, ce n’est pas le tout, nous faisions du pain tous les trois quatre jours et la pâte de la veille attendait des moments meilleurs pour bénéficier du barbecue « gaz » (de l’ancien proprio), installé sur le balcon tribord. Après deux essais antérieurs de pain, une belle pizza au thon y est réussie par capitshadok le jour du passage de l’équateur. Je décide donc d’y faire le pain selon une nouvelle configuration (papier alu chiffonné, plat à tarte à l’envers, tôles de maintiens latéraux …). Je m’aperçois alors que nous avons perdu (17) le tuyau (surement à 4000 m de fond maintenant) de jonction entre le foyer et la bouteille de gaz (que nous enlevons à chaque fois)  !!!

Bordel de C. de P. à M.


Nous décidons aussi, sur une bonne idée de Jérémie, de faire un bricolage pour pouvoir remettre le foc en inventant un pseudo chariot avec des bouts, manilles et poulie. Nous réalisons son montage, plions et rangeons la voile tempête, refixons le point d’écoute du foc et le déroulons. M ! (18), le foc est déchiré, certes petitement, mais près du point d’écoute. On re-roule, on re range, et on réinstalle la voile tempête …


         

Là, je ne regrette plus du tout d’avoir dépensé les sous prêtés par mon ami Rôger, pour faire faire au dernier moment cette voile tempête !  

N’empêche, nous sommes maintenant le 10 juillet à 3-4 jours de l’arrivée, avec un ris et une voile tempête, par vent convenable enfin grand largue, et nous faisons nos 150 milles jours. Cela reste petit mais toujours en progrès prometteur pour de meilleures configurations voiles ! Le vent se calme, nous avançons dans la bonne direction à 3-4 nœuds. Puis pétole, à deux jours du but ! Moteur, on tourne ! Puis soufflette, puis pétole, etc., etc.

Au total, nous n’avons utilisé que 90 l des bidons de fuel, il reste deux bidons et le réservoir plein après avoir fait environ 4000 milles dont la ZCIT et 3500 au près ! Merci Eole, tu nous en as fait voir un peu plus que la moyenne mais tu nous as amené à bon port.

 

Vie à bord 
Impeccable, rien à dire. Le partage des tâches avec Jérémie s’est réalisé harmonieusement sans règles précises, mais un entendement implicite partagé d’équilibre en toute chose. Jérémie, plus discret, a accepté la versatilité et l’extraversion du capitaine. Cependant, je sais aussi respecter et partager les bons moments remplis de silences et de réflexions fasse aux infinies et belles étendues changeantes, entre océan et ciel, entre eau et air, avec soleil ou nuages, lune ou étoiles.

Et de rares gros transporteurs des mers (5/6 de repérés sur tout le trajet) …Quelques visites de dauphins, beaucoup d’oiseaux des mers (paille-en-queue, fou, …) même à plus de 1000 miles de toute côte, et une baleine (ou autre gros cétacé), qui nous a dédaigné et est passée un peu loin.


Les quarts sont ainsi constitués après quelques essais : petite sieste vers 16h30, quarts 19h30-22h, puis 01h-4h pour René ; 10h-01h, puis 04 à 08-09h (jusqu’au réveil naturel de René) Jérémie. Puis Jérémie se recouche jusqu’à son réveil naturel vers 12-13 heures. Je souffre vraiment à chacun des réveils de 01h du mat, qu’il y ait des étoiles ou la lune, avec ou sans vent, avec ou sans pluie !!!

La maxime du marin Shadok n’est pas du tout appliquée … Image : un marin qui sieste sur un hamac entre deux cocotiers, au soleil levant. Ce shadok dit nonchalamment : « dans la marine on ne fait pas grand-chose mais on le fait de bonne heure » !

 

Les douches, parfois amplifiées par les vagues … se prennent sur la jupe arrière avec bonheur.      

         

 

 La pêche commence assez tard le temps de remettre les moulinets trouvés à bord en état de fonctionnement. Si c’est relaxe et pas très mordant, nous ne sommes pas bredouille avec une belle bonite qui nous a fait quatre repas en carpacio, darnes, court bouillon et le finish en salade !!! Et un tazard de 3 kilos est venu agrémenter nos repas pour les deux derniers jours de navigation. C’est Jérémie, à droite, qui le biberonne au Bacardi pour l’anestésier.


Les repas sont toujours copieux et variés, nos tomates « paysannes » ont durées plus de 28 jours ! Malgré le manque de four nous avons fait du pain en essayant 5 ou 6 modalités de cuisson. In fine, nous avons réussi à maîtriser le barbecue pour une meilleure cuisson, mais … (cf avarie 17).

Le top du top : Jérémie nous régale pendant plus de la moitié du trajet avec des crêpes tous les matins. Confection des repas et vaisselles s’alternent spontanément d’une façon équilibrée.




La navigation

Jérémie est, dès le départ, identifié officiellement comme skipper. Ses expériences passées, sa forme physique, et ce qu’il montre de ses compétences et son caractère me laissent complètement confiant. Cela s’est agréablement confirmé, Jérémie assure techniquement avec tranquillité. C’est un compagnon de route avec qui on argumente les choix quasiment avec jeu. Nous avons deux tendances qui se discutent en permanence. Moi, qui tend à vouloir suivre la route classique pour assurer de passer la ZCIT le plus à l’est afin d’aborder la partie Atlantique sud dans de supposées (statistiques) meilleures conditions par rapport à la position des vents dominants. Jérémie qui pense que cette option vaut pour les bateaux venant des Canaries, Cap Vert ou Dakar, et que l’on peut se construire une route progressive en plongeant plus tôt dans la ZCIT vers le sud, tout en donnant priorité à une progression vers l’est pour rattraper un peu plus tard la bonne route du sud. Je reste donc attentif à son option séduisante.

Au total, Éole choisit un peu pour nous, car les vents nord-est manquent au dessus de la ZCIT, et, plutôt que de remonter trop au nord, à l’opposé de notre route globale, nous retenons l’option « Jérémie ».  Nous ne saurons jamais si l’insistance vers l’est (mon option), qui nous aurait fait perdre de 2 à 4 jours de route « nulle » relativement à notre destination, eut été rattrapée par un meilleur angle de route pour, sur les environ dix derniers jours, descendre l’Atlantique sud vers Salvador de Bahia. Avec l’option « couper au sud dès que c’est favorable » de Jérémie, nous prolongeons notre « habitude » du près, mais en très bonne direction et bonne vitesse, pour ne trouver les bons vents portants sur la bonne route que dans les 5 derniers jours. Tout cela dans la bonne humeur qui caractérise nos échanges.

Chose promise chose due, je reviens sur nos changements très fréquent de waypoints. Ils n’ont jamais été des points de passage obligés mais des repères pour contrôler les avancées erratiques moyennes entre nos changements de bord. Au total de mes cinq traversées d’Atlantique, sans suivi météo, il est assuré qu’en lieu et place d’une belle route académique, orthodromique ou loxodromique, Éole et ses caprices, associés aux choix empiriques des marins, nous impose toujours une zigzagodromie un peu loufoque. Dont acte !


Nous voilà donc dans la Marina du Centro Nautico da Bahia (CENAB)
au pied de l’elevator (en haut à gauche) qui conduit à la vieille ville haute.

C’est aujourd’hui le 14 juillet, il est 3h du mat, et nous sommes heureux ensemble d’arroser cette belle traversée sans encombres majeurs … les 18 « petits » problèmes rencontrés, et ma difficulté à me lever lors du quart de nuit, sont déjà oubliés.


 Au départ nous avons donné notre pronostic raisonné sur la durée du trajet : 38 jours pour Jérémie, 38 pour moi. Nous en avons fait 37 !


Nous pouvons maintenant passer aux bonheurs des mouillages en longeant les côtes de ce Brésil si grand (16 fois la France), et si accueillant. Je recommence ce périple pour la deuxième fois avec plaisir.


Il est encore temps de nous rejoindre pour partager ces futurs moments superbes de découvertes si riches et si sympathiques.


capitshadok@free.fr
  (votre capitshadok)

jeremie.goriaux@wanadoo.fr (un marin très recommandable)

 

 

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commentaires

C
Salut René,contents d'avoir de tes (bonnes) nouvelles et de te savoir au chaud sous les tropiques. Nous aussi sommes sous le chaud soleil mais celui de la Côte d'Azur... Il est plus cher! Le Mouez Avel commence à avoir des racines qui lui poussent sous la quille; toujours pas fixé de date pour un nouveau départ. Mais ça nous manque... Merci de nous envoyer l'adresse pour faire un blog comme le tien que nous trouvons très bien. Amitiés
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A
Papi,<br /> tu me manques beaucoup. J'ai hâte de sauter sur le trampoline et aussi de voir en vrai ton bateau. On vient te voir à Noël ! Je t'aime.
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C
Hello Capishadock ! ça fait des années que je suis avec intérêt tes aventures... on a un ami commun que tu as rencontré cet hiver : Pascal sur ILHUR... m'a même fait de la pub pour toi ! Je vois que tu "refais ta vie" avec ce nouveau bateau... bon vent à toi !
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C
<br /> Salut Catherine<br /> Fidèle groupie qui n'a jamais actualisé son désir de nav avec capitshadok !<br /> Je viens de mettre à jour, belles nav à toi<br /> René<br /> <br /> <br />

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